La montée du tourisme des bidonvilles , une nouvelle tendance de voyage inapproprié?
De plus en plus de touristes évitant les attractions touristiques les plus classiques s’aventurent dans des taudis, des bidonvilles et des villages pauvres de zones en voie de développement.
Environ un million de touristes ont visité ce type de site, dans plusieurs coin du globe en 2014 selon les chercheurs, et des rapports récents suggèrent que le tourisme des bidonvilles continue de croître en popularité.
Ce genre de Voyage peut inclure le bénévolat, les projets humanitaires, de construction ou l’enseignement dans une école. Mais il comprend aussi des visites qui fournissent aux vacanciers un vrai sens des conditions difficiles dans lesquelles vivent les gens, en tournant la pauvreté en une attraction touristique.
Dans la capitale péruvienne de Lima, où la plupart des touristes sont attirés par les emblématiques ruines des incas de Machu Picchu, un petit mais non négligeable nombre de voyageurs n’hésitent pas à faire un rapide détour vers les lieux les plus « sinistres » de la ville.
«Ce que nous faisons ici est plus sensible parce que quand nous visitons ces communautés, nous aidons les gens et nous nous imprégnons dans leur mode de vie » exprime Rojas directeur d’un agence proposant des tours aux côtés des bidonvilles de Lima. Pour cette ville, environ 400 touristes par an visitent ces lieux de la région, pour un coût de 50 € chacun. Ils ont l’occasion de manger avec les familles locales ; une façon de vivre une expérience culinaire plus authentique.
C’ est une expérience anthropologique pour les étrangers d’apprendre à connaître la population locale dans le respect mutuel », a dit Rojas qui affirme avoir établit des liens solides avec les dirigeants communautaires des bidonvilles.
Des tours similaires sont organisés à Rio de Janeiro, Mumbai, Nairobi et Johannesburg. Toutefois ils font l’objet de critiques (exploitations de la misère) de la part de plusieurs associations.
«Nous voyons des étrangers plusieurs fois par semaine. Parfois, ils viennent nous parler, certains nous offrent un peu d’argent, mais nous ne tirons pas de bénéfice significatif » exprime un résident de ces lieux.
Quelle est la conséquence de ce tourisme vis-à-vis de la hausse des inégalités dans le monde ?
Nous avons tendance à considérer le tourisme comme une transaction économique. Mais le tourisme des taudis ne contribue que très peu à canaliser l’argent directement dans les bidonvilles.
En effet, le nombre total de touristes et le montant d’argent gagné grâce aux visites dans ces lieux semble insignifiant par rapport aux ressources nécessaires pour lutter contre les inégalités mondiales.
Toutefois on pense que le tourisme des bidonvilles pourrait être une force puissante pour faire connaitre les zones cachées par les autorités.
Les résidents des quartiers pauvres trouvent qu’il est difficile de faire des revendications politiques pour un logement décent, des infrastructures urbaines et un certain bien-être. Ils sont disponibles comme main-d’œuvre pas chère, mais privés de droits sociaux et politiques.
Ce tourisme a le pouvoir d’augmenter la visibilité des quartiers pauvres, qui peuvent à leur tour donner aux résidents une meilleure reconnaissance sociale et politique.
Mais cette visibilité ne peut pas tout régler car elle peut être très sélective et trompeuse, sombre et voyeuriste ou trop positive en cachant les véritables problèmes.
